Aux origines de l’esclavage

Home/Aux origines de l’esclavage
Aux origines de l’esclavage 2017-05-18T20:34:41+00:00

 

L’esclavage couvre plus de trois siècles d’histoire, du milieu du XVIe siècle jusqu’à la loi d’Or de 1888 (qui abolit cette institution au Brésil). C’est un élément fondamental de l’histoire des Amériques.

esclavage1Au travers de ses origines, ses mythes, son histoire et ses légendes, l’esclavage est un des ferments les plus puissants des identités américaines.

Le Brésil a la particularité d’ouvrir et de clôturer ce chapitre sordide de l’histoire humaine. La mémoire de ce crime collectif continue à rythmer cette société au travers d’une profusion de fêtes (Carnaval, le « Jour de la Conscience Noire », le Mardi Noir à Recife,…), de commémorations et de luttes politiques qui visent, pour l’essentiel, à doter les minorités noires et indiennes d’une plus large visibilité dans le paysage démocratique du pays.

Plus d’images sur l’esclavaga? Cliquez ici.

La colonie brésilienne avant la traite négrière

 

esclavage2La traite atlantique s’initie milieu du XVIe siècle, au moment où les Indiens commençaient déjà à manquer pour plusieurs raisons.

Les épidémies de variole et de grippe importées d’Europe avaient considérablement décimé les peuples indiens. (Les historiens estiment de 75% à 90% la population indienne décimée dès le premier siècle de la colonisation des Amériques.)

esclavage3D’autre part, bon nombre de peuples survivants entreprirent d’émigrer plus loin dans les terres. D’autres se révoltèrent contre les colonisateurs qui ne rêvaient que de les réduire au servage.

Les Indiens détruisirent ainsi un nombre significatif de jeunes capitaineries portugaises.

Qu’est-ce qui a pu expliquer un tel revirement de la part des Indiens, dont on sait que les premiers contacts avec les Portugais furent peu conflictuels, au moins jusqu’en 1550 ?

esclavage5Bartolomé Bennassar avance l’idée que jusqu’au milieu du XVIe siècle, l’économie dominante procédait largement de l’exploitation du bois-brésil (pau-brasil), une activité qu’il qualifie de peu contraignante pour les Indiens.

C’était, comme le note Bennassar, un travail « épisodique [qui] ne les obligeait pas à adopter un mode de vie sédentaire et ils y esclavage4gagnaient un outillage de qualité, en métal, et des produits de peu de valeur en Europe mais qui avaient pour eux le mérite de la nouveauté – tissus, chapeaux ou miroirs, par exemple. ».

C’était en quelque sorte un échange de bons procédés.

                                                           Du bois-brésil à l’économie sucrière

 

esclavage6La traite atlantique s’imposa comme une fatalité dès les débuts de l’exploitation sucrière, vers 1530. La construction des premiers moulins nécessitait en effet une main d’œuvre abondante, régulière et sûre.

Les colons Portugais décidèrent donc, avec l’appui de la couronne, d’asservir les Indiens. Mais ce n’était pas si simple. D’abord parce qu’une bulle du Pape Paul III reconnu que les Indiens avaient une âme (amen !) : les Portugais ne pouvaient donc plus les priver indûment de leur liberté.

esclavage7De plus, les Indiens trouvèrent chez les Jésuites des alliés puissants qui n’hésitèrent jamais à s’opposer à la vénalité de la couronne et des seigneurs de la terre. L’appui du Pape et des Jésuites ne furent certes jamais suffisant pour stopper les entradas mais au moins, ils en diminuèrent l’intensité.

On ne peut que regretter que le zèle des Jésuites à protéger les Amérindiens n’ait jamais su inspirer une action similaire envers les peuples d’Afrique…

Une main d’œuvre déportée

 

esclavage8Ainsi, confrontés à un manque de main d’œuvre au moment où ils en avaient cruellement besoin pour le développement des économies sucrières, les Portugais se résolurent à déporter des esclaves Africains.

La littérature brésilienne à longtemps justifié ce choix en arguant de la supériorité de l’esclave Africain sur l’Indien, réputé sauvage et fainéant. L’esclave africain était réputé pour sa docilité et sa robustesse.

Eunice de Jesus Prudente va jusqu’à parler de la passivité des Africains qui en ferait des « pseudo-humains »…esclavage9

Cette explication spécieuse oublie bien vite les nombreuses conduites d’insoumission et les incalculables rebellions qui émaillent l’histoire de l’esclavage au Brésil, notamment celle du Roi Zumbi, le chef légendaire du quilombo de Palmares.

 

 

 


Voir aussi à propos de l’esclavage au Brésil :


Leave A Comment