Le barrage de Belo Monte

Home/Le barrage de Belo Monte
Le barrage de Belo Monte 2017-05-18T20:34:40+00:00
Le barrage de Belo Monte, au cœur de l’Amazonie brésilienne, s’annonce d’ores et déjà comme l’un des plus grands désastres humains et environnementaux de la décennie.

 

Plus d’images sur les Indiens du Brésil ?Cliquez ici. Sur la forêt amazonienne? Cliquez ici.

 

belo-monte1Au delà de cette catastrophe déjà en cours, la rentabilité économique de ce projet pharaonique (dont on estime le financement entre 9 et 17 milliards de $US) paraît plus que douteuse. En effet, pour des raisons techniques, l’intérêt économique et énergétique de ce barrage n’a de sens que dans une logique d’ensemble, celle inscrite dans le PAC (Programme d’Accélération de la Croissance) qui prévoit l’établissement de 40 barrages d’ici à 2030. Aussi, pour que le barrage de Belo Monte soit rentable, 10 autres barrages devront être édifiés dans la région du fleuve Xingu.

belo-monte2Le barrage de Belo Monte cristallise la controverse parce qu’il est la pièce centrale d’un édifice qui promet de transformer en profondeur la physionomie de l’Amazonie brésilienne au profit exclusif des grandes métropoles du Sud du Brésil (Rio de Janeiro, São Paulo, etc.), qui vont capter l’essentiel de l’énergie produite par ce monstre de béton, le troisième barrage au monde (derrière Itaipu au Brésil et Trois-Gorges en Chine). C’est la dimension coloniale de ce méga-projet.

belo-monte3Les premiers à souffrir de ce projet sont les 30 communautés indigènes qui vivent le long du fleuve Xingu (dont les Kayapos, la communauté de Raoni). Mais au-delà des Indiens d’Amazonie, censés être protégés par les lois constitutionnelles et le droit international, c’est, comme nous le verrons, toutes les communautés indigènes du Brésil qui sont les victimes collatérales de ce projet pour lequel les lobbys des mines et de l’agro-business ont été particulièrement actifs.

belo-monte4Rappelons que le secteur agro-industriel c’est 1/3 du PIB du Brésil, 40 % de ses exportations, 30 % des emplois et qu’il doit sa croissance à un modèle de « développement » articulé sur d’importants investissements dans les infrastructures et des incitations fiscales pour convertir des vastes écosystèmes de forêts et cerrados formés sur des milliers d’années en pâturages mal exploités ou en monocultures sur des sols inadaptées, rapidement appauvris…

Quoi qu’il en soit, pour l’agro-business ou les mines, l’Amazonie est une frontière qu’il s’agit de repousser, les réserves de biodiversité une gêne au développement économique et les Indiens une minorité d’à peine 1 million d’habitants sur les 20 millions que compte l’Amazonie (et les 194 millions de Brésiliens). 

Genèse d’un méga-projet

belo-monte5Avec ces 2260 km de long, le fleuve Xingu est un des plus grands affluent de l’Amazone. Il excite la convoitise de Brasilia depuis une bonne trentaine d’année. Dès les années 80, à la fin de la dictature, un projet de barrage sur le fleuve Xingu prévoyait de contrôler ce fleuve impétueux pour y extraire 11 % de l’électricité dont le Brésil a besoin. De quoi alimenter rien de moins que 20 millions de foyers.

belo-monte7A l’époque, la protestation des Indiens d’Amazonie avait réussi à décourager la Banque Mondiale, qui avait finalement refusé de financer ce projet. Le projet originel du barrage de Belo Monte prévoyait ainsi d’enfouir sous les eaux 2000 km² de territoires indigènes.

Pendant des années, le projet fut remisé dans un placard, mais jamais oublié. Entre temps, les Indiens ont acquis de nouveaux droits, garantis par la constitution de 1988. En 2002, le Brésil a ratifié la Convention 169 de l’OIT (Organisation Internationale du Travail), relative aux peuples autochtones, et qui impose notamment l’obligation de concerter les peuples indigènes pour la mise en chantier d’infrastructures sur leurs territoires, dont ils ont l’usufruit exclusif.belo-monte8

C’est sous la présidence de Lula (2003-2010) que le projet de barrage sur le fleuve Xingu a refait surface. Alors qu’il promulguait de la main gauche la Convention 169 dans la constitution brésilienne (2004), il relançait de la main droite des études de faisabilité sur le barrage de Belo Monte. Un barrage de 100 mètres de haut, d’une capacité de 11 233 mégawatts et qui inonderait « seulement » 502 km² de terres indigènes.

belo-monte10C’est ce barrage que la successeuse au Président Lula, Dilma Rousseff, vient de mettre en chantier en janvier 2013.

Malgré les contestations locales, nationales et internationales, malgré les occupations des installations par les Indiens, malgré les séquestrations des ingénieurs de Norte Energia, malgré les 16 belo-monte9recours en justice intentés par les Indiens et les rares députés qui s’opposent aux lobbys de l’agro-business, ce chantier semble aujourd’hui inarrêtable.

La stratégie gouvernementale du « fait accompli » est en train de l’emporter. La fin des travaux est prévue en 2019. 

 

Altamira : un premier désastre social

Pour Brasilpassion, le Brésil est un conte de fées. Or, dans tout bon conte de fées, il y a un grand méchant loup et c’est bien ce qu’est Altamira : le territoire des loups.

belo-monte11Sur la carte, Altamira est une ville en bordure de la transamazonienne, à environ 30 km de Belo Monte. Il faut donc une heure de transport en saison sèche pour que les ouvriers rallient leur chantier et jusqu’à une journée entière en saison des pluies.

Altamira est à Belo-Monte ce que Pripyat fut à Tchernobyl : une cité dortoir de 100 000 habitants pour les employés des chantiers de la Norte Energia. Des chantiers qui couvrent une zone de 660 km² où 20 000 ouvriers se relaient jours et nuits sur 3 ouvrages principaux :belo-monte12

  • Un barrage de rétention d’eau
  • Le barrage de Belo Monte
  • Une immense tranchée dans la forêt amazonienne : les prémices d’un canal qui servira à dévier l’eau du fleuve. Les ingénieurs estiment qu’il faudra déblayer 200 millions de m³ de terre et de roche. C’est plus que pour le Canal de Panama !

belo-monte13Mais là où Pripyat se présentait comme la vitrine des villes ouvrières de l’URSS, Altamira, c’est ce qu’on fait de pire au Brésil. C’est une ville d’ouvriers misérables, déracinés, pour la plupart issus de la région la plus pauvre du Brésil (le Nord), et qui travaillent pour des salaires de misère dans des conditions absolument indignes.

belo-monte14A 500 km de la frontière Guyanaise, pour ceux qui ont la « chance » de connaître ce far-west made in France, on retrouve à peu près les mêmes atmosphères délétères qu’aux frontières du plateau des Guyanes. En pire. Altamira, c’est ainsi « ambiance orpaillage » : crack, bar à putes, homicides et brega, tout y est ! En peu de temps, la ville d’Altamira est ainsi devenue la ville la plus violente du Brésil, ce qui n’esbelo-monte15t pas peu dire dans un pays aux 50 000 homicides par an.

Il est difficile d’imaginer un lien entre les loups d’Altamira et les princesses d’Ipanema.

C’est pourtant la raison d’être du consortium Norte Energia. Un délire à 15 milliards de $US, haut de 100 mètres, câblé sur 2400 km via des lignes à hautes tensions. Un délire dans lequel, bizarrement, les puissants rapaces du privé se mouillent à peine malgré l’activisme des lobbys en coulisse. 

Une rationalité économique plutôt douteuse

belo-monte16La viabilité économique du barrage de Belo Monte pose question. Le doute se pose d’entrée de jeu par rapport au consortium Norte Energia, en charge de financer le projet, et qui comprend presque exclusivement des capitaux publics (la Banque Nationale de Développement (BNDES) à 80 %, certaines compagnies publiques d’électricité, etc.). Les capitaux privés n’interviennent qu’à hauteur de 3 ou 4 % au travers de quelques entreprises du secteur minier (Belo Monte est dans une région aurifère).

On est surpris de voir que le puissant secteur privé ne s’engage pas davantage dans l’aventure et pour tout dire, le montage financier ressemble étrangement à un assemblage pour projet non rentable, de type tunnel sous la Manche. Aussi, des experts affirment que dans les 13 milliards de $US que Norte Energia affirme avoir débloqué pour la construction du barrage de Belo Monte, le budget des 2000 km de lignes à haute tension n’a pas été pris en compte…

belo-monte17Mais ce qui interroge le plus, c’est la capacité de production d’électricité moyenne du barrage de Belo Monte. En effet, la capacité optimale du barrage est de 11 233 mégawatts. Mais cette valeur n’est valable que 4 mois par an, lors de la saison des pluies. Or, au cours de l’année, le débit du fleuve Xingû passe de 20 000 m³/s à seulement 1300 m³/s au plus fort de la saison sèche (vers octobre). A cette période, le barrage produira donc à moins de 20 % de sa capacité. Sur l’année, cette capacité moyenne monte à 50 %.

Le piège technique du barrage de Belo Monte est ici : pour que cette infrastructure soit rentable, il va falloir investir dans d’autres méga-projets. 

 

Corruption, dévoiement ou raison d’État ?

belo-monte18B.U.C.E.T.A : Brasilieiros Unidos Construiem a Estrada TransAmazonica (« Les Brésiliens Unis ont Construits la route TransAmazonienne »). C’est une blague que j’ai entendu de la bouche d’un Brésilien qui a participé à cette gigantesque saignée au cœur de la forêt, au temps de la dictature (en brésilien, buceta = « vagin »).

Ce que symbolise cette blague c’est qu’au Brésil, la politique des grands investissement publics dans les infrastructures est un élément central des mécanismes de corruption du pays (et de la déforestation, le territoire amazonien se prêtant merveilleusement bien à ce genre de magouille). Aussi, la transamazonienne a été un cas d’école : les travaux sont inaboutis, les cartes officielles indiquent des routes asphaltées qui n’existent pas et l’argent, évidemment, a « disparu ».

belo-monte19Rappelons que la corruption coûte au Brésil la bagatelle de 40 milliards de $US par an. En 2010, le 1/4 des sénateurs du pays (21/81) faisaient l’objet d’enquêtes judiciaires pour corruption. C’est contre cet état de fait que des millions de Brésiliens ont manifesté en juin 2013 (sur fond d’investissement massif pour la rénovation des stades de football : 400 millions d’euros pour le Maracanã, qui aurait pu se contenter d’un petit coup de peinture…).

belo-monte20Le PT, au pouvoir depuis 2003, serait-il entrain de mimer les dérives qu’il a combattu lors de sa fondation ? Au vu des scandales financiers qui ont secoué le parti depuis ces 10 dernières années, le doute est permis. Mais ce n’est pas si simple.

En effet, le Parti des Travailleurs (PT) regroupe de nombreux syndicats et associations. Il a été fondé au début des années 80 autour de la personnalité charismatique de Lula avec le projet de mettre un terme à la dictature, d’intensifier la démocratie brésilienne et de mieux répartir les richesses d’un pays profondément inégalitaire. Les deux mandats présidentiels de Lula (2003-2010) ont vu la mise en place de ce programme avec un succès indéniable.

belo-monte21Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que les tentations productivistes et extractivistes appartiennent autant à l’ADN du PT qu’à celui de la dictature et des autres partis libéraux. Le logiciel structurel du PT est celui de n’importe quel autre pays en voie de développement : il s’agit de gérer les nécessités liées à la croissance rapide de la population et de l’industrie. La question énergétique et celle des infrastructures sont donc au centre des préoccupation des gouvernements, bien avant la question indienne…

TOUS les gouvernements qui se sont succédés depuis des lustres partagent cette conviction que le Brésil ne peut devenir un grand pays qu’en maîtrisant les échanges au sein de son territoire (les routes, les ports, les aéroports…) et ses besoins énergétiques, dont les carences s’observent encore régulièrement au travers d’énormes black out qui plongent dans l’obscurité la moitié du pays (apagão).

belo-monte22Pour Dilma Rousseff, le barrage de Belo Monte est un début de réponse à ce défi majeur. Une réponse qui a un double avantage. D’abord celui d’être dans la continuité de la matrice énergétique du Brésil, réputée propre car largement articulée sur la production d’hydroélectricité (par exemple, le barrage d’Itaipu, sur le fleuve Parana, à proximité des chutes d’Iguaçu, qui est le plus grand barrage au monde et qui comble une bonne partie des besoins énergétique du Sud du pays).

Et puis, au niveau social, la volonté affichée de réduire la marginalité des communautés rurales isolées en créant de l’emploi par une politique de grands travaux a un certain écho. On peut le mesurer par les migrations de dizaines de milliers de travailleurs désœuvrés vers Altamira.

belo-monte23En outre, l’Etat Fédéral peut se permettre d’ignorer bon nombre de critiques hypocrites des grandes nations moralistes du monde. Car que dire des États- Unis, le plus grand pollueur de la planète, pays qui n’a même pas ratifié le protocole de Kyoto ? Du Japon post-Fukushima ? De l’Allemagne et ses centrales à charbon ? De la France et son parc nucléaire ménopausé, ce beau pays qui laisse crever ses Amérindiens en Guyane, à quelques kilomètres du barrage de Belo Monte, dans une indifférence qui va au-delà du mépris ?belo-monte24

Quoi qu’il en soit, le coût politique du choix énergétique brésilien est un dévoiement aux lois constitutionnelles, au droit international et à toute logique de développement durable. Le barrage de Belo Monte est un cas d’école qui démontre qu’on peut avoir une matrice énergétique propre tout en saccageant son environnement et les peuples autochtones qui y habitent depuis des temps immémoriaux. En toute impunité ?

 

L’Auricide des Indiens du Brésil

belo-monte6Le fleuve Xingu, c’est 174 variétés de poissons, 387 sortes de reptiles, 440 spécimens d’oiseaux et 259 espèces de mammifères. De nombreuses espèces de cet écosystème particulier sont endémiques : on ne les retrouve nulle part ailleurs. Certaines d’entre elles vont disparaître au nom du barrage de Belo Monte.

belo-monte25Outre la faune et la flore, environ 30 communautés indigènes appartenant à 17 nations vont être directement impactées par les travaux. Aujourd’hui, les Indiens Kayapos du chef Raoni mais aussi les Kalapalos, les Kayabis, les Kamayuras et tant d’autres peuples livrent ce qui s’apparente à leur dernier combat, tellement leur situation semble désespérée.belo-monte26

Avec eux, ce sont des connaissances millénaires de naturalistes, des langues rares et mal connues, des cosmogonies et des manières de vivre qui seront soit englouties sous les flots, soit totalement asséchées de la pire des manières. Car une des originalités du barrage de Belo Monte est ici : c’est, pour les peuples autochtones, un barrage qui assèche bien plus qu’il inonde leurs terres.

belo-monte27Cet assèchement va irrémédiablement provoquer une décomposition accrue de la flore (avec les odeurs qui vont avec) et donc une augmentation de l’acidité des eaux en aval du barrage de Belo Monte. Les communautés amérindiennes devront en outre faire face à de nouveaux prédateurs : les garimpeiros, trop heureux de pouvoir orpailler le lit asséché de la rivière dans des régions reculées.

belo-monte28Or, les garimpeiros sont des vecteurs mortels pour les population amérindiennes. En plus des ravages sur l’écosystème que leur activité occasionne (pour agglomérer 1kg d’or, 1,2 kg de mercure est rejeté dans le fleuve), les garimpeiros sont également porteurs de maladies « européennes » (grippes, gastro-entérites, etc.) toujours aussi fatales pour les peuples amérindiens. Une épidémie de grippe peut décimer un village entier, comme on le voit trop souvent pour les Yanomamis par exemple.

belo-monte29Les changement environnementaux auront donc un impact incalculable sur la faune et la flore du fleuve Xingu autant que sur les modes de vie des peuples autochtones.

En effet, comment continuer à vivre sans eau ? Comment faire sans eau quand on est un peuple d’Amazonie qui vit traditionnellement de la pêche ? Comment faire sans eau quand on est un peuple qui a pour seule route les méandres du fleuve et qui vit d’une agriculture vivrière au fil des eaux ? La principale réponse du gouvernement, c’est l’expulsion. 20 000 personnes sont concernées.

 

belo-monte30Dans leur combat contre le barrage de Belo Monte, les Amérindiens du fleuve Xingu ne sont pas seuls. Grâce à des campagnes de communication savamment orchestrées, ils ont su mobiliser autour de leur cause un front de personnalités hétéroclites, d’Arnold Scharzenneger à Gisele Bündchen. Parmi elles, la figure d’Erwin Krautler, l’évêque du Xingu et Président du Conseil Missionnaire Indigéniste (CIMI) se distingue assez nettement.belo-monte31

Cet ancien adepte de la Théologie de la Libération a ainsi obtenu en 2010 le prestigieux prix Nobel alternatif (Right Livelihood Award) pour son travail auprès des peuples autochtones du fleuve Xingu. C’est à lui qu’on doit le concept d’« auricide » qui décrit la pratique de l’Etat fédéral brésilien et qui consiste à payer à prix d’or (on parle d’une dizaine de millions de $US depuis 2010) le consentement des Indiens afin de détruire de l’intérieur les communautés amérindiennes. Au final, les Indiens ne chassent plus, ne pêchent plus et deviennent de parfaits consommateurs, sans aucune notion de l’argent qu’ils manipulent.

belo-monte32Erwin Krautler est aussi à l’origine de la coordination des actions en justice intentées par les Indiens du Brésil contre l’Etat Fédéral et les promoteurs du barrage de Belo Monte. Ces 16 actions en cours ont pour support juridique le non-respect du principe d’auto-détermination des peuples autochtones. Ce principe stipule que les Indigènes sont seuls à déterminer si oui ou non ils veulent quitter leur territoire et comment ils souhaitent l’aménager.

 

belo-monte33Ces dispositions du droit international, que le Brésil a ratifié, sont renforcées par les lois de la constitution brésilienne qui interdisent formellement le déménagement d’un Indigène sans son consentement. Or, on constate qu’aucune consultation de ces peuples n’a été menée dans les formes exigées par le droit, aucune mesure préventive n’a été entamée et les études d’impacts sur l’environnement souffrent d’avoir été affreusement bâclées.

Aujourd’hui ce n’est rien de moins que la Cour Suprême du Brésil, la Justice Fédérale du Para, la Commission Inter-américaine des Droits de l’Homme, l’ONU et l’OIT qui reprochent publiquement à l’Etat Fédéral du Brésil de :

  • Agir à l’encontre de la Constitution du Brésil
  • Agir à l’encontre de la Convention Américaine des Droits de l’Homme
  • Agir à l’encontre de la Déclaration des Peuples Autochtones

belo-monte34Pour désamorcer autoritairement les recours juridiques des Indiens, l’Etat Fédéral brésilien s’active pour élaborer une révision constitutionnelle qui introduit une clause d’exception à l’usufruit exclusif des territoire indigènes. C’est l’esprit de de la loi complémentaire 227/2012 qui souhaite « compléter » le paragraphe 6 de l’article 231 (relatifs aux droits des Indigènes) au nom des intérêts stratégiques de l’État.

Sous couvert de projets d’intérêts publics, l’État fédéral envisage ainsi de saccager à sa guise les territoires indigènes pour y tracer des routes, faire transiter des lignes à haute tension, des centrales hydroélectriques, construire des mines, des chemins de fer, des oléoducs…

C’est, on l’aura compris, une manœuvre politicienne désespérée et anticonstitutionnelle orchestrée par un Congrès brésilien quasi unanime sur le sujet. C’est aussi une remise en cause sans précédent des droits indigènes. Le combat continue.

Lire aussi cet article du journal Le Monde.

 

 


Pour aller plus loin :

A propos des Indiens du Brésil

A propos de l’Amazonie


Leave A Comment